* * Escalade… à la découverte d'une nouvelle dimension… (de la vie) * *
Besoin de me surpasser, de dépasser les limites du connu, d'en savoir plus sur moi-même, de laisser s'exprimer mon potentiel, ça devenait une question de survie…
Ce que j'ai découvert, c'est qu'il n'y a aucune limite…
J'ai rencontré des gens passionnés, tellement proches de leurs instincts, drogués aux sensations fortes et à l'adrénaline, accros à la vie, comme je le suis. Des gens qui sont connectés au monde, qui aiment profondément cette Terre, qui ont une conscience pointue de leur corps et une totale confiance en lui. Des personnes qui ont compris que tout fonctionne tellement bien ici-bas, que tout concorde, qu'il n'y a pas de hazard.
J'ai rencontré ces gens qui savent que l'on peut sans cesse évoluer, aller plus loin, être plus grand, plus profond, parce qu'il n'y a aucune limite…
J'ai rejoint mon aquarium... j'ai trouvé mon oxygène... j'ai décelé l'existance d'un monde dans le monde...
Escalader, c'est entrer en conflit avec la pesanteur, braver les lois universelles de notre monde.
Lutter contre cette attraction terrestre qui nous cloue au sol dans notre vie routinière et contre laquelle nul ne proteste.
Escalader, c’est apprivoiser la troisième dimension dans sa plus pure forme.
* * Escalade… sensation d'infinie liberté… * *
Ce n'est pas vraiment la liberté que l'on ressent lorsque l'on saute en parachute, ni celle qui nous effleure lorsque l'on vole en parapente, ni même celle que l'on croit atteindre en s'émencipant dans notre vie sociale…
Non… Cette liberté-là, on la construit centimètre par centimètre, on la fabrique avec nos propres mains, avec notre propre corps, elle est le résultat de notre capacité à tenir, à attraper les prises, à ressentir le vide, à surmonter la peur et à se lancer et à se balancer au-dessus du vide.
Cette liberté est le résultat de notre volonté, c’est nous-mêmes qui la créons. Nous en sommes le seul et unique maître. C'est pourquoi elle est la seule vraie liberté.
Coller son corps contre la paroi, ressentir sa verticalité, éprouver sa grandeur…Effleurer les premières prises, positionner ses pieds et commencer à grimper, faire des choix, chercher du regard, prendre des décisions, explorer les différentes possibilités.
Déterminer si le pied peut se poser ou non sur cette prise, si les doigts ont encore l’énergie d’attraper la suivante, mobiliser toute sa volonté, se surpasser.
Puis, lorsque la paroi offre un refuge, s'arrêter, se reposer, respirer, souffler, récupérer entre deux mouvements, ressentir la chaleur dans son corps, sentir battre son cœur, sentir ses tempes vibrer, sentir son sang circuler, ressentir la vie dans ses membres… Une pause…
Reprendre ses esprits, estimer le prochain mouvement et se relancer, plus haut, plus loin, chercher comment attraper la prise et anticiper le mouvement du pied, du bassin. Et surtout, tenir bon encore plus fort, même si c’est dur, même si ça fait mal, même si ce n’est plus confortable.. Pousser jusqu’en haut, lutter même lorsque les bras n’en peuvent plus, que les doigts sont devenus insensibles, parce que c'est là-haut que nous attend le miracle…
C'est à cet instant-là, celui où l’on est arrivé tout en haut, à la dernière prise, que l’on découvre en soi un potentiel inattendu. C'est à ce moment-là que l'on sent un appel, un désir qui vient des entrailles: l'envie de monter encore, le besoin de faire un effort supplémentaire, une dernière pulsion, un dernier souffle, une dernière pression sur le pied… comme pour atteindre la perfection.
Lorsque l'on a dépassé les limites du mental, il n'y a plus de limites pour le corps…
18 Février
* * Escalade et peur… une leçon d'introspection… * *
Le défi que l'on se lance à soi-même lorsque l'on grimpe est uniquement tourné vers soi-même. Il n'y a rien à prouver au monde, rien à montrer, il n'y a qu'à chercher l'effort, l'éprouver et l'apprécier pleinement. Il n'y a qu'à être en connection totale: l'union fusionnelle entre notre être et le monde extérieur.
Les premiers contacts avec le vide sont perturbants, troublants, étranges.
Et après la surprise vient parfois la peur…
Si l'on décide d'écouter cette peur, il nous sera impossible d'avancer, de bouger, de progresser.
Si l'on décide d'accepter, de surmonter, d'apprivoiser, de dominer ce sentiment terrifiant, on s'ouvre une porte vers le bonheur infini.
C’est une philosophie tout à fait applicable à la vie courante..
Avoir peur empèche d'aller à la rencontre de l'autre, d'expérimenter, de souffrir, d'aimer, d'être présent. Avoir peur empèche tout simplement de vivre.
Ce n'est que lorsque l'on accepte de tomber, de souffrir, de mourir, que l'on peut vivre pleinement dans la réalité.
Rester dans sa peur, c'est perdre son temps, c'est passer à côté de l'existence…
Seules la motivation profonde, la croyance absolue en nos appels intérieurs et la certitude que ce que l'on fait a du sens permettent de surmonter nos peurs…
20 Février
* * Escalade… la beauté de la frustration * *
Grimper une nouvelle voie jusqu'en haut et bloquer sur la dernière prise…
Réessayer et échouer de nouveau… Réessayer encore et se rendre à l'évidence: "Je n'ai plus la force, je suis coincée, je n'y arriverai pas"…Quelle frustration!
Et pourtant, je ressens une telle puissance.. un mélange de colère et d'envie, un feu intérieur et un désir de vivre…
La frustration ne serait donc pas seulement une émotion négative…
Refuser d'accepter l'échec, rester bloquer, être en prise à une lutte intérieure, c'est se frustrer s'offusquer, se contrarier. La frustration lorsqu'elle reste dans le mental, peut s'y installer et nous faire souffrir sans être constructive.
Accepter l'échec permet de le dépasser…
La frustration peut être un fabuleux moteur de vie parce qu'elle nous pousse à la fois à nous remettre en question et à aller plus loin, à nous dépasser.
Je sais que la prochaine fois que j'essaireai, j'y arriverai...
* * Escalade… apprends moi à aimer le doute… * *
Douter c'est ne pas savoir si l'on est capable, être dans le vide absolu l'espace d'un instant, tout oublier.
Douter c'est être déconnecté l'espace d'un instant, être dans la tête et plus dans le corps.
Mais douter, c'est aussi envisager toutes les possibilités.
Le doute est à la fois tout et rien. Il est à la fois une impasse et une porte vers une infinité de possibilités.
Le doute laisse place à l'imagination.
Douter, c'est reconnaître qu'on ne sait pas tout et que l'on a encore beaucoup à apprendre…
Douter c'est s'ouvrir à l'expérience et à la nouveauté.
Allez vous ballader sur http://www.rochouse.be
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